CARNATION CENDRE


CARNATION CENDRE
#Création 2028 #Version duo - Rebond Biennale de la danse 2020

Ce projet est né de la volonté d’attirer l’attention, de sensibiliser, de générer des discussions autours d’événements à la fois géographiquement proches et lointains. Carnation Cendre souhaite mettre en lumière l’impunité qui autorise, encore aujourd’hui, certains à penser que le viol et les violences sont des « dégâts collatéraux » découlant des conflits.

Les violences faites aux femmes se manifestent de manières protéiformes (dans différentes sphères de la vie, à travers divers cadre spatio-temporels ou socio-culturel). Qu’elles soient physique, psychologique, sexuelle ou économique, cette violence - ininterrompue - envers les femmes  révèle en tous les cas le système d’oppression dans lequel elles vivent.

Le point de départ de cette recherche en solo (puis en duo) est la violence subie par les femmes en temps de guerre. Ce projet n’a nullement l’intention de se « mettre à la place de » ou d’interpréter des situations inconcevables et monstrueuses vécues par ces femmes. Le travail au plateau souhaite plutôt poser un regard extérieur et documenté sur ce corps féminin devenu un véritable territoire de guerre.

Cette création souhaite explorer différents états de corps imprégnés par de nombreux documentaires, photographies et récits. De la chair meurtrie au souvenir de celle-ci, de la reconstruction à la dénonciation, le terreaux de cette création réside à la fois en des textes très factuels (récits journalistiques dont Impunité zéro, chiffres de l’ONU, campagne de Ban- Ki moon, témoignages d’organisations humanitaires) et en même temps dans des collages de textes engagés comme Virginie Despentes ou Diane Ducret et plus poétiques avec Wajdi Mouawad.

Carnation Cendre est construit avec des bribes de textes, comme des fils à tirer pour plus tard, des chiffres pour débattre, un travail chorégraphique et vocal pour simplement prendre conscience de l’urgence à œuvrer pour la paix et l’égalité des sexes. L’improvisation y occupe une place de choix, encrée à un canevas précis et au fil conducteur qu’est la voix (chantée et parlée).

L’espace se décline en deux temps : une « cellule d’isolement » de 1m80 sur 80 cm autour de laquelle est placée le public, puis l’espace latéral autour. Manière d’impliquer les spectateurs, et d’affirmer la volonté de jouer se solo in situ. Plein air, établissements public, médiathèques, salles de classe… Créer cette intimité est aussi une manière de partager un moment autour d’un thème qui nous concerne toutes et tous. Loin d’en faire une performance sur les victimes, Carnation Cendre souhaite transformer cette matière en quelque chose d’artistique et rendre ainsi hommage au courage de ces milliers de femmes qui se dressent, dénoncent et condamnent cette impunité avec dignité et force.

Carnation pour la peau violentée, blessée, déchirée. Cendre pour la destruction, les villes ravagées, bombardées, la mort aussi. Mais surtout, la Cendre pour son affiliation aux proverbes populaires et aux poètes, pour l’espoir. Car malgré les politiques de la terre brûlée, l’opportunité de reconstruire (les corps, la féminité, la dignité) demeure. Entre le noir et le blanc, la cendre est apparue comme une zone des possibles.