ISADORA-AUX-PIEDS-NUS


ISADORA-AUX-PIEDS-NUS
#Création 2014

« Ma vie et mon art sont nés de la mer.
 C’est de la contemplation des vagues, quand j’étais toute petite, que m’est venue la première idée de la danse. Je tâchais de suivre leur mouvement et de danser à leur rythme. » Isadora Duncan, Ma Vie.

La performance Isadora-aux-pieds-nus est née d’un spectacle antérieur - Isadora, danseuse aux pieds nus - créé au Festival l’Estival de la Batie qui se présentait sous la forme d'une lecture musicale dansée à partir des textes d’Isadora Duncan (Ma Vie) et d’un répertoire éclectique mêlant romantique, baroque et musique contemporaine au violoncelle.

Depuis, la compagnie a fait du chemin, exploré d’autres univers, construit et affirmé une ligne artistique autour d’une recherche corporelle et musicale qui a pour matière les droits de la femme, son image, ses combats. Se rapprochant de formes plus expérimentales, en octobre 2017, durant une résidence à Le Magasin, lieu de permanence chorégraphique, le travail mené sur Isadora Duncan a été repensé pour devenir une forme solo à partir des matériaux premiers en alternant les moments de lecture et la danse.

Ainsi, la création n'a pas pour but de restituer des chorégraphies d'Isadora Duncan mais plutôt de partir de sa danse (dite aussi « danse libre ») et de ses écrits, pour s'interroger sur ce que représente un geste libre, un mouvement inspiré de la nature, le travail du plexus solaire et de la colonne vertébrale qu’elle préconise, l’ondulation, le rebond, le travail du souffle et le rythme du corps, la place de la femme créatrice/artiste… et en faire une création ancrée dans notre monde contemporain. Après ce passage en solo, Pauline Maisse et Julie De Bellis poursuivent leur quête en duo en explorant la matière- extraordinairement riche- pour en faire une forme en Work In Progress qui se focalise sur la musicalité et l’expressivité du violoncelle et du corps mais aussi de la voix avec quelques courtes interventions parlés et chantées. La musique se concentre autour d’un répertoire baroque (J.S. Bach, A. Vivaldi) et contemporain (I. Yun, K. Saariaho) pour mieux servir une corporalité dense, organique et en mutation.

Cette performance s'articule donc autour de la vie tumultueuse de la danseuse : de San Fransisco à New-York puis en Europe ( Londres, Paris, Berlin...), elle évoque l'évolution de la danse d'Isadora, à la rencontre de personnalités emblématiques comme Rodin, Heine, Loie Füller, Eleonora Duse, Gordon Graig... A travers ses amours et ses maternités, la performance renvoie également à la place de la femme dans la société du début du xxe siècle. Sa vie marquée par le deuil et sa fin tragique révèlent une artiste déterminée et lumineuse derrière ses blessures de femme.

Crée pour être joué in situ cette proposition souhaite continuer à vivre dans des endroits en plein air et impromptus afin de faire découvrir cette « danse de vie » si chère à Isadora Duncan.